Arette la Pierre Saint Martin

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Hommage à Christian Latournerie disparu le 31 janvier 2019

Prononcé lors de ses obsèques le 2 février 2019

Les mots me manquent Christian et le courage aussi à l’instant, tant redouté, de te rendre l’hommage funèbre que tu mérites.

Au moment de te dire adieu, les mots nous manquent à tous Christian, aux membres de ta famille, à tes nombreux amis, à tes collègues de travail, aux membres du Conseil Municipal et à tous ceux et celles parfois venus de loin pour t’accompagner pour ton dernier voyage.

Les mots nous manquent Christian, comme ils t’ont manqué ces huit derniers mois pour nous dire l’effroyable calvaire vécu jusqu’à ton dernier souffle ce jeudi matin.

Les mots nous manquent Christian comme lorsque nous avons appris le 7juillet 2017, le nom de la terrible maladie qui a fini par t’emporter. Cette maladie hideuse, malheureusement trop répandue dans notre commune et dont tu ne pouvais ignorer l’issue.

Les mots nous manquent Christian pour te dire notre admiration devant le courage dont tu as fait preuve tout au long de ce chemin de croix. Un chemin de croix qui fut une épreuve physique bien sûr avec la déterioration rapide et inexorable de toutes les fonctions de ton corps, mais aussi, est il utile de le préciser une épreuve psychologique que personne ici ne peut imaginer ? Celle d’un malade qui se sait condamné et qui n’ignore pas qu’il finira prisonnier de son corps, incapable de bouger, de boire, de s’alimenter mais aussi, je l’ai déjà dit de s’exprimer durant les derniers mois de son existence.

Les mots nous manquent Christian pour dire, à ceux qui ne t’auront pas visité durant ce trop long calvaire, l’extrême dignité avec laquelle tu as fait face, jusqu’au bout, pour donner le change, masquant tes angoisses en faisant appel à ton arme favorite, l’humour. Jusqu’au bout, tes grimaces et tes clins d’oeil, dernières possibilités de faire rire, auront été les outils d’une personnalité par nature optimiste solidement assise sur la bienveillance, l’humilité, la tolérance, la douceur et l’amour de l’autre.

Les mots me manquent Christian mais pas les souvenirs. Ceux tout d’abord de notre enfance, incarnée par cette photo exposée au fond de cette église. Photo prise au lendemain du tremblement de terre de 1967, où tu trônes, avec ton visage d’ange, sur un tas de gravats, aux côtés de ton frère Patrick et de ton voisin Michel. D’autres souvenirs encore. Ceux du plus jeune de notre bande qui sans faire de bruit sut se faire adopter en usant de deux armes dont tu ne te départiras jamais, la gentillesse et la discrétion.

Les mots me manquent Christian mais pas les souvenirs. Ceux de parties de pelote où malin comme un singe, tu tirais ton épingle du jeu sans jamais fanfaronner. Ceux des 3ème mi-temps de rugby où tu as commencé à t’affirmer en dévoilant des talents d’imitateur qui en surprirent plus d’un. Des imitations toujours dans le bon ton, issues d’une observation chirurgicale des gestes et des attitudes de tes cobayes. Si les gestes étaient étudiés, les mots étaient toujours choisis pour ne pas blesser, juste pour faire rire. Cette justesse dans le ton reflétait à la fois la finesse et l’intelligence de ton être que tous ceux qui t’ont cotoyé ne manquent pas de souligner depuis ta disparition.

Les mots me manquent Christian, mais pas les souvenirs. Ceux de notre jeunesse. Que se soit au sein du Comité des fêtes, ou bien au sein de l’ASB Athlétisme pour le Grand Prix Nelson Paillou ou chez les Mousquetaires, chacun se souviendra qu’au delà de ta bonne humeur, tes plaisanteries contribuèrent pour beaucoup à l’ambiance et à la cohésion de toutes ces équipes.

Les mots me manquent Christian mais pas le souvenir de ces quelques mois passés ensemble lors de notre service militaire à Casaux où durant cette expérience tu auras passé l’essentiel de ton temps à tourner en dérision les situations incongrues de la vie en caserne.

Les mots me manquent Christian pour te dire combien j’ai été heureux de te compter à mes côtés durant ces moments là et bien sûr plus tard dans l’engagement politique où naturellement, j’allais dire fraternellement, nous avons fait équipe ensemble.

Sans avoir vraiment besoin de se parler, nous avons alors partagé la même ambition pour servir Arette comme l’avaient fait avant toi, ton père Jean-Marie et ton grand-père Henri, tous deux adjoints au maire. Chacune des missions qui t’aura été confiée au sein du Syndicat Départemental d’Energie des Pyrénées-Atlantiques, à l’IPHB ou au sein des communes forestières, chacune de ces missions aura été remplie de la plus parfaite des manières tellement ton sens politique était inné et tellement le sens de l’intérêt public faisait parti de ton ADN.

Alliant capacités intellectuelles et manuelles chacune de tes initiatives relevait du bon sens et tu savais mieux que personne détendre l’atmosphère d’une réunion si elle était quelque peu crispée. Durant 16 ans, tu auras été un fidèle et précieux compagnon et un adjoint indispensable, n’hésitant jamais à payer de ta personne.

A ceux qui disaient que tu te serais fait "cramer" pour le maire, tu répondais que cela avait été fait en juin 2005, lors d’une "usclate" comme tu disais, qui t’envoya à l’hôpital à la suite de brûlures dont les conséquences auraient pu être autrement plus graves.

Peu de personnes le savent, mais comment ne pas évoquer aujourd’hui combien tu étais prêt à tout pour la bonne marche de notre commune et de notre église en particulier ? Qui sais que tu t’étais porté volontaire pour remplacer les ampoules défaillantes de ce plafond ? En te promenant sur le plancher de cette voûte au motif que tu étais léger, souple et petit et surtout électricien de formation. Qui sait que c’est toi qui suivait l’ensemble des travaux de la commune et qui, à ce titre, suivit les travaux de restauration de ce retable mais aussi de ce tabernacle et de ce lustre. "Et si avec ça, je ne me gagne pas le paradis !" aimais-tu plaisanter.

Les bons mots, le sens de la réplique, chacun de nous aura pu mesurer combien tu aimais jouer avec notre langue que ce soit en français ou en béarnais, rappelant régulièrement avec un sourire en coin, ton existence de facteur par un malicieux "Au cas où vous l’auriez oublié, je suis un homme de lettres".

Les mots me manquent Christian mais pas les regrets. Celui de te voir partir trop tôt, toi le plus attachant des compagnons, toi le rayon de soleil des secrétaires de mairie, cherchant à répandre partout autour de toi, la bonne humeur qui faisait partie intégrante de ta personnalité.

Le regret aussi de n’avoir pas sû percer le mystère de cette force intérieure qui durant les derniers mois de ta vie t’aura permis de faire face devant l’accumulation de vents contraires. Cette force intérieure qui au moment de te dire adieu nous fait si cruellement défaut aujourd’hui.

Sans doute que l’investissement total 24h sur 24 et 7 jours sur 7 de Sylvie ton épouse ainsi que le dévouement sans faille du corps médical, Christine en tête, te furent d’un grand secours dans cette terrible épreuve. Ton hospitalisation à domicile grâce à l’intervention du personnel infirmier qu’il soit libéral ou du HAD ainsi que les soins des kinés constituent aussi une autre explication, tellement il était important pour toi de rester et de finir tes jours à Arette. Tous ont été payés chaque jour et plusieurs fois par jour par ce magnifique sourire qui t’aura accompagné jusqu’au bout et qui restera pour nous une énigme. Ce sourire que nous ne verrons plus et qui nous manquera tellement pour éclairer le reste de notre route.

Les mots me manquent Christian, quand un tellement évident me vient à l’esprit au moment de conclure. Merci. Merci pour ce que tu étais. Merci pour ton esprit, tes rires, ta joie. Merci pour tout ce temps passé à tes côtés. Merci pour tout ce que tu as donné de ton temps et de ton intelligence pour servir Arette et plus généralement les autres en t’oubliant souvent. Merci de nous garder une place à côté de toi, là où tu es désormais.

Va l’ami, rejoins tous ceux qui t’ont précédé et que tu as aimé. Dis leur qu’ici bas, tu laisses un grand vide, bien plus grand que la Soule et le Barétous réunis où tu comptes tant d’amis qui ne t’oublieront jamais et qui te pleurent aujourd’hui.

Pierre Casabonne

Maire d’Arette.



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